Pandémie

« – Au début naquit la coopération dans les jeux… puis survint la pandémie …  » OVER
« – Souvenez-vous !… » OVER

À l’irruption de Pandémie,  le jeu de Matt Leacock  sorti en 2008, le jeu coopératif compte déjà quelques belles aventures. Nobles et passionnantes, ces quêtes paraissent finalement futiles en comparaison du défi ultime proposé par Pandémie. Quelques années avant l’Île Interdite, l’auteur demande l’impossible aux joueurs : sauver l’humanité.

Le temps des grandes maladies

Dans Pandémie, quatre types de maladies se répandent à travers quarante-huit villes du monde à vitesse grand V. Les joueurs doivent créer quatre remèdes avant que l’une des maladies n’atteigne le seuil critique de prolifération, que la huitième éclosion ne survienne ou que le temps de la lutte ne soit consumé…

En langage de joueurs cela donne à peu près ceci : pour chacune des quatre maladies, il existe 24 cubes de couleurs représentant la maladie qui prolifère. Si tous les cubes d’une couleur sont disposés sur les villes du planisphère, la partie est perdue par les joueurs.  De même, si le paquet de cartes Joueur (composé de 48 cartes Villes, 5 cartes Événement et de 4 à 6 cartes Épidémie) est épuisé, les spécialistes ont perdu trop de temps et la partie est un échec. Enfin, si les villes comportant déjà 3 cubes d’une même couleur doivent théoriquement en recevoir un quatrième, une éclosion se produit. A la huitième, tous les joueurs ont perdu.

Fort heureusement, le tableau n’est pas complètement noir à l’aube de l’extinction de l’humanité. Avec l’action « découvrir un remède », un joueur défausse cinq cartes Ville de la couleur d’une maladie dont le remède n’a pas été découvert. Que le groupe réussisse collectivement quatre fois cet exploit, avant la survenue des terribles conditions de défaite, et les joueurs auront triomphé de ces maux épouvantables.

Nouveau look en 2013
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Pandémie est un jeu très prenant mais également très dur. Les cubes maladies se répandent sur le plateau à chaque tour de jeu telle une marée montante. Au gré des parties et des premiers échecs, les joueurs arrivent à coordonner leurs actions, à mieux utiliser les pouvoirs particuliers de chaque personnage et surtout à maximiser leurs coups.

En démarrant la partie le cœur plein d’espoir, les joueurs disposent leurs pions personnages sur la ville d’Atlanta.

Une batterie d’actions

Les joueurs jouent chacun leur tour. Chaque joueur dispose de quatre points actions à choisir parmi plusieurs possibilités :

•    Grâce à l’action « Voiture / Transbordeur », le joueur se déplace entre deux villes reliées par une ligne blanche.

•    Pour aller plus vite, deux actions permettent de se rendre directement en un lieu désiré en défaussant une carte Ville du point d’arrivée (« Vol direct ») ou du point de départ (« Vol charter »).

•    Autre possibilité pour chausser des bottes de 7 lieues, avec « Navette », les joueurs peuvent se déplacer d’une station de recherche vers une autre station de recherche.

•    Les stations de recherche justement sont de ravissantes bâtisses que les joueurs peuvent construire pour une action.

•    Dès que l’une des stations est construite, les joueurs peuvent effectuer en son sein l’action déterminante « Découvrir un remède », en défaussant cinq cartes Ville de la couleur d’un remède non découvert.

•    Autre possibilité d’action, avec « Partager des connaissances »  les joueurs peuvent donner ou recevoir une carte Ville d’un autre joueur si les deux joueurs sont sur cette même ville au moment de l’action.

•    Dernière action est non des moindre, un joueur peut « Traiter une maladie ». Il ôte un cube de la ville où il se trouve. Quand une maladie a un remède tous les cubes d’une couleur sur une même ville sont retirés grâce à l’action « Traiter une maladie ».

Petit bonus, si les joueurs parviennent à ôter tous les cubes d’une maladie de la surface du globe tout en ayant trouvé son remède, la maladie est définitivement éradiquée et ne réapparaîtra jamais plus lors de la Propagation.

Comme dans tous les bons films catastrophe chaque joueur aura un rôle spécifique à jouer. Au début de la partie chaque joueur tire au hasard l’un des sept rôles suivant :

•    Le Planificateur d’Urgence à la main mise sur les cartes événements et pourra en garder une de côté afin de l’utiliser juste avant la catastrophe.

•    Le Répartiteur est le maitre de la logistique et facilitera les déplacements des autres joueurs dans le monde.

•    L’Expert aux Opérations accélère la création de station de recherche et peut se déplacer de l’un à l’autre.

•    La Spécialiste en Quarantaine empêche les éclosions de se produire dans la ville ou elle se trouve.

•    Le Médecin soigne les malades en diminuant le nombre de cubes présents sur le plateau.

•    La Chercheuse facilite le partage de connaissance entre les joueurs et donc la découverte de remède.

•    Enfin La Scientifique n’a besoin que de 4 cartes au lieu de 5 pour découvrir un remède.

Coordonner efficacement ces différentes capacités sera la clef de la réussite ou de l’échec des joueurs. De plus cette variété assure que chaque partie soit différente.

Le mal progresse…

Une fois ses actions effectuées, le joueur tire deux cartes de la pioche Joueur. Ces deux cartes sont le plus souvent des villes mais peuvent également être des événements (positif) ou des épidémies (très très négatif). Les quatre à six cartes Épidémie, en fonction de la difficulté choisie, corsent le jeu : en augmentant la vitesse de propagation des maladies, en replaçant sur le dessus de la pile propagation les cartes Propagation déjà tirées et en infectant une nouvelle ville avec 3 cubes.

Après la pioche de ces deux cartes, le joueur actif doit, à son corps défendant, tirer un nombre de cartes Propagation correspondant à la vitesse de propagation (de 2 à 4). Ces cartes représentent des villes qui reçoivent chacune un cube maladie de leur couleur. Si le cube ainsi placé devait être le quatrième d’une couleur, il déclenche une éclosion, avec augmentation du marqueur du même nom, qui peut avoir des réactions en chaîne dévastatrices. Pour rappel à la huitième éclosion, le monde sombre définitivement sous les coups des maladies…

Ainsi va Pandémie. Les joueurs se coordonnent pour : contenir la propagation des maladies avec l’action traiter, se passer les cartes afin d’obtenir des mains de cinq cartes d’une même couleur, utiliser les événements à bon escient et prier pour que le hasard miséricordieux soit clément dans le tirage des cartes Propagation.

Le jeu est dur, le jeu est beau mais avec l’expérience, les spécialistes parviennent à maîtriser habilement le flot des maladies…OVER

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